Armand
Marsick (Liège 1877 - Haine-Saint-Paul 1959)
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Le nom des MARSICK évoquera
sans doute, chez beaucoup de musiciens, le nom
de MARTIN-PIERRE MARSICK un des grands
violonistes de l’Ecole franco-belge qui forma
au Conservatoire de Paris JACQUES THIBAUD,
GEORGES ENESCO ou CARL FLESH, entre autres.
Moins connu, son neveu, ARMAND MARSICK mena
cependant une très belle carrière de
violoniste, de chef d’orchestre, de pédagogue
et de compositeur. Un CD d’excellente facture
a sauvé de l’oubli ce musicien, voici quelque
temps.
ARMAND MARSICK est né le 20 septembre 1877 à
Liège. Deux générations de musiciens l’ont
précédé et préparé à sa carrière :
PIERRE JOSEPH MARSICK, lampiste de son état,
était aussi bon violoniste. De ses dix-huit
enfants deux furent musiciens.
MARTIN-PIETER-JOSEPH MARSICK (1847-1924) fut le
plus brillant et mena une carrière de virtuose
et de professeur, nous l’avons déjà dit.
Mais LOUIS, le frère aîné de MARTIN-PIERRE
(1843-1901) et père d’ARMAND, était
également un remarquable violoniste. Il était
titulaire, en outre d’un Premier prix de
violoncelle. Il fit toute sa carrière comme
premier violon à l’orchestre de l’Opéra
Royal de Liège et comme professeur dans
différentes écoles de musique.
C’est lui qui offre son premier violon à
ARMAND, qui n’avait pas cinq ans. Mais ce n’est
qu’à sept ans qu’ARMAND eut le droit d’en
jouer après avoir fait la preuve de ses dons. A
dix ans, il devient l’élève de DESIRE
HEINBERG au Conservatoire Royal de Liège. Outre
le violon, il étudie le piano avec J. LEBERT,
la musique de chambre avec R. MASSART et prend
ses premières leçons de composition avec
SYLVAIN DUPUIS. A vingt ans, il obtient la
médaille de vermeil du concours supérieur de
violon.
Déjà, il a écrit plusieurs compositions dont
une Pensée religieuse (l894) à sa sœur
cadette Berthe, l’Adagio Pathétique
pour violon et orchestre (1895) et en 1896, une
cantate à deux voix pour filles et garçons
intitulée A la Science.
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ARMAND MARSICK quitte Liège
en 1897 pour Nancy où il est nommé premier
violon au théâtre et à l’orchestre du
conservatoire. Il en profite pour suivre
les cours de GUY ROPARTZ, alors directeur du
conservatoire et professeur de composition.
En 1898 il débarque à Paris. Tout en suivant
les cours de LEPNEVEU et de VINCENT d’INDY au
conservatoire il devient immédiatement premier
violon aux Concerts Colonne et au même pupitre
à l’orchestre de l’Opéra-Comique. C’est
à ce poste qu’il créera en 1907 La Mer de
CLAUDE DEBUSSY, avec l’auteur au pupitre de
direction. En même temps, grâce à son oncle
MARTIN-PIERRE MARSICK qui lui confie de
nombreux élèves, il entame une carrière d’enseignant.
Celui-ci n’est pas étranger non plus à sa
vocation de compositeur... à la fois parce que
l’oncle estime qu’un seul MARSICK doit mener
une carrière de virtuose et parce qu’il
trouve à son neveu des talents qu’il
encourage. A. MARSICK s’en explique dans une
très belle lettre à ses parents, quand il
arrive à Paris.
Durant les dix années où il vivra à Paris, A.
MARSICK compose ses plus belles pages : la Sonate
pour violon et piano (1900), Stèle
funéraire (1902) à la mémoire de son
père. La Jane (1905), sa première
œuvre lyrique, Improvisation et Final pour
violoncelle et orchestre (1904), de nombreuses mélodies,
La Source (1908) et les Scènes de
montagne achevées plus tard en Grèce. Ce
sont trois de ses poèmes symphoniques, Stèle, La
Source et Scènes de montagne qui ont
été enregistrées par JACQUES HOUTMANN à la
tête de l’Orchestre Philharmonique de
Lorraine, en 1990-1991 (Koch-Schwann CD 311198
H1).
Fin 1908, il s’embarque pour Athènes où, sur
les recommandations d’EDOUARD COLONNE, il
vient d’être nommé chef de l’orchestre
symphonique et professeur au conservatoire
(Odéon). En 1909, il devient " Ephore "
des études supérieures. Chargé par le
directeur du conservatoire G.N. NAZOS de la
réorganisation des classes de solfège, d’harmonie
et de contrepoint, il se réfère à l’aménagement
des études des conservatoires de Paris et de
Bruxelles et, après un voyage en 1913, à ceux
des conservatoires allemands et italiens.
Entre temps, il épouse PAOLA SAMPIERI à Rome,
le 7 octobre 1910. Pour elle et pour cette
cérémonie, il compose Poème Nuptial.
PAOLA (1877-1958) était l’exemple même du
raffinement et de l’intelligence. Elle sera
tout pour lui.
Avec les musiciens du conservatoire, il
entreprend de noter les airs folkloriques grecs
au cours de nombreux voyages à travers la
Grèce. Ils inspireront les Tableaux Grecs
(1912).
En 1914, il achève un autre opéra Lara
et en 1915, il commence L’anneau Nuptial, son
dernier drame lyrique achevé a Bilbao en 1924. |
Parallèlement
à ses activités de compositeur, MARSICK dirige des
centaines de concerts qui connaissent un immense
succès. Le Festival Saint-Saëns, en 1920, auquel se
rend le maître âgé de quatre-vingt cinq ans, est le
point final de la période grecque. SAINT-SAËNS
écrit une très belle lettre à MARSICK où il dit
toute son émotion.
Parmi ses élèves a Athènes, citons M.G. SKI AVOS et
DIMITI MITROPOULOS, le futur chef de l’orchestre de
Minneapolis.
Mais la guerre gréco-turque rend le climat politique
très malsain. A. MARSICK et sa famille quittent la
Grèce pour l’Espagne. M.ARSICK est nommé directeur
du nouveau conservatoire de Bilbao, le 25 février
1922. Le 8 mars, il dirige le premier concert de l’orchestre
symphonique qu’il vient de former. L’ORCHESTA
SINFONICA existe toujours aujourd’hui. Il restera
cinq ans a Bilbao.
En 1927, trente ans après son départ, il revient
définitivement en Belgique. Il est nommé professeur
d’harmonie au Conservatoire Royal de Liège
(1927-1942), crée l’association des Concerts
Populaires Liégeois (plus connus sous le nom de
Concerts MARSICK) et se remet à la composition :
Cadence et danse orientales (1929), Tableaux
de Voyages (1937) et Loustics en Fête (1939).
Dix ans plus tard il écrira encore un curieux Quatuor
pour cors et Trois Morceaux Symphoniques.
ARMAND MARSICK disparaît le 30 avril 1959, quelques
mois après son épouse
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