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Erard
de la Marck
Prince-Evêque
de Liège |

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Originaire
d’un petit comté de Westphalie, la maison de La Marck s’est
efforcée, depuis le XIème siècle d’accroître sa
puissance vers l’Ouest, tout d’abord la Ruhr, ensuite le
Pays de Liège, enfin la France. Cadet de la famille, né à
Sedan le 31 mai 1472, Erard est destiné au service de l’Eglise
qui le lui rend bien. En effet, il obtient sa première
prébende à l’âge de onze ans ! Parmi ses frères aînés,
Guillaume, surnommé le « Sanglier des Ardennes », assassine
le 30 août 1482, le Prince-Evêque de Liège, Louis de
Bourbon.
Erard obtient à l’Université de Cologne le grade de
licencié en décret. A peine âgé de trente ans, Erard
cumule les titres : chanoine de Trêves, chanoine de Tours,
prieur commendataire de Saint-Marcel près de
Châlons-sur-Saône, protonotaire et membre du Conseil du Roi
de France, Louis XII, « le père du peuple ».
Durant ce temps, Liège se remet des années troublées que
lui a valu le sac de 1468 par Charles le Téméraire. Charles
se montre impitoyable envers la Cité Ardente.
La mort de Charles le Téméraire en janvier 1477 est une
délivrance pour Liége, l’assassinat près de l’actuelle
rue de la Limite de Louis de Bourbon en est une autre. Mi
1478, le Perron est rapatrié de Bruges à Liège, place du
Marché. En mars 1480, les Liégeois décident de reconstruire
une « Violette » plus grande.
En 1492, la Principauté de Liège établit une politique de
neutralité envers la France et Maximilien 1er, neutralité
que les Puissances reconnaissent. Les dernières années du
règne de Jean de Hornes – qui meurt le 18 décembre 1505
– sont marquées par un violent incendie détruisant, en
quatre jours, son palais.
En dépit des malheurs qui ont frappés ces dernières
décennies Liège, être à la tête de la Principauté et du
diocèse de Liège dont les limites excédent celles de la
Principauté, suscite toujours autant la convoitise. Chacun
des candidats croit qu’il peut allier le caractère et la
perspicacité à même de le servir dans la spécialité
locale, l’art du compromis.
Erard de la Marck, est le favori du pape Jules II. Ce dernier
s’est fendu d’un bref dans lequel il fait part au
Chapitre, de son avis personnel partagé par le roi de France,
Louis XII, avis dont il ressort qu’Erard est l’homme
idoine. En leur chapitre du 30 décembre 1505, les soixante
chanoines de Saint-Lambert partagent cette conviction !
Dans le courant de 1506, Erard délègue à Rome, le chanoine
Eustache Nyvar qui, entre autres demandes au pape concernant
les diverses bulles nécessaires à l’intronisation du
nouveau Prince-Evêque, déclare qu’Erard est non seulement
digne de l’épiscopat mais encore du cardinalat ! Amusé,
Jules II répond qu’il convient d’abord de le féliciter
de l’honneur obtenu « même si l’avenir lui en réservait
de plus grands ». Des bisbrouilles éclatent entre Jules II
et Louis XII au sort duquel Erard est lié. Il ne recevra donc
pas son chapeau de Jules II.
L’année suivant la mort de Jules II, le Prince-Evêque
Erard de la Marck toujours en quête de son chapeau contacte
Jérôme Aléandre afin qu’il mette ses relations au service
de son ambition suprême à laquelle ses qualités lui donnent
droit. Ses autres ambitions se réalisent. En 1507, Louis XII
lui accorde sur recommandation de son ami, le cardinal Georges
d’Amboise – véritable chef du Royaume – l’évêché
de Chartres. Le cumul ne s’arrêtera pas. En 1518, Erard
obtient la commande de l’Abbaye de Saint-Michel, près d’Anvers.
En 1520, il est désigné à la tête du très riche
archevêché de Valence en Espagne.
Maximilien éteint, il faut désigner à qui ira la couronne
du Saint Empire romain germanique. Deux candidats en lice : le
roi de France, François 1er et Charles, le jeune roi d’Espagne
dont Erard est partisan. Il y a sept électeurs à convaincre.
Erard ne ménage pas sa peine durant cette campagne
impériale. Le 28 juin 1519, à Francfort, à l’unanimité,
Charles d’Espagne est choisi. Il prend le nom de
Charles-Quint.
Charles-Quint ne se montre pas ingrat et parvient à lever les
préventions de Léon X à l’égard du cardinalat d’Erard
de la Marck. Le 9 août 1520, Erard est promu cardinal.
Le Prince-Cardinal joue un rôle éminent dans la lutte contre
l’hérésie en faveur de la Contre-Réforme au point que le
pape Paul III le nomme en 1537, « légat a latere ». Cette
promotion rare signifie, en droit canon, que le pape envoie ce
plénipotentiaire comme un « alter ego » pour le
représenter et agir avec son autorité.
Erard de la Marck a attendu quinze ans son chapeau de
cardinal. Il attendra plus longtemps encore pour la
reconstruction de son Palais. Ce n’est que en 1526 que les
travaux s’engagent et une partie des bâtiments est mis à
disposition d’Erard et de sa Cour, en 1533.
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