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Les
origines du Val-Dieu se rattachent à une communauté de
moines cisterciens envoyés en l’an 1180 de l’abbaye
d’Eberbach, au diocèse de Mayence, à Hocht, près de
Maastricht, au diocèse de Liège, pour y fonder un
monastère de l’ordre. La situation précaire de cette
fondation fit que la communauté émigra aux confins du
comté de Dalhem et du duché de Limbourg, dans un site
sauvage et solitaire du val de la Berwinne, sur des
terres plus fertiles dont firent donation, en 1216,
Lothaire 1er ,comte de Hochstade et de Dalhem, et Henri
III, duc de Limbourg.
Au cours des siècles, l’abbaye du Val-Dieu exerça
sur tout le pays de Herve une influence très grande, d’ordre
à la fois religieux, social, agricole et économique.
Son influence charitable et civilisatrice, le
gouvernement de plusieurs paroisses rurales, sa
participation intense au déboisement, au défrichement
et à la mise en valeur du sol, l’exploitation modèle
de ses importantes «granges» ou fermes, la gestion
éclairée de ses seigneuries foncières y
contribuèrent ainsi que la présence et l’activité
de ses abbés aux Etats du duché et de la province de
Limbourg, où avec l’abbé de Rolduc et un chanoine du
chapitre Notre-Dame d’Aix-la-Chapelle, ils
constituaient l’Etat ecclésiastique.
A l’époque de la guerre de la Succession de Limbourg
(fin du XVIe siècle), au temps des troubles religieux
de la seconde moitié du XVIe siècle, de même que lors
des conflits armés qui opposèrent l’Espagne aux
Provinces-Unies (XVIIe siècle), l’abbaye du Val-Dieu,
pillée, dévastée, incendiée fut, à plusieurs
reprises, bien près de la ruine complète.
Sous le régime français, l’abbaye fut supprimée ses
religieux dispersés, ses biens vendus comme biens
nationaux. Les derniers religieux rachetèrent l’église
et les bâtiments conventuels mais ce n’est qu’après
des vicissitudes diverses et grâce au soutien de l’abbaye
de Bornem, que Val-Dieu retrouva vie et vigueur en
janvier 1845.
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