Chant du Valeureux Liégeois
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Valeureux Liégeois

La Liégeoise

Si les deux couplets (1 & 2), pour d'autres (1 & 3), et le refrain sont de Gilles-Joseph -Evrard Ramoux  (1750-1826), curé de Glons de 1784 à 1826, la composition musicale lui serait bien antérieure. 

La mélodie aurait déjà été chantée sous l'épiscopat de Jean-Théodore de Bavière (1744-1763). L'auteur est resté inconnu.

G. Ramoux aurait écrit les deux strophes et le refrain de sa chanson à la suite de l'appel de Rouveroy, le 27avril 1790, exhortant les patriotes liégeois " à expulser des foyers de leurs concitoyens les ennemis de la patrie qui ont osé y pénétrer ". 

Cette proclamation fut affichée sur tous les édifices de la ville.

Devenue très populaire, la chanson de Ramoux reçut des couplets nouveaux.

Valeureux Liégeois !
Marchez à ma voix,
Volez à la victoire,
La liberté
Dans vos foyers [De la cité]
Vous couvrira de gloire.

César vainqueur de l'univers
Te décerna le titre de brave,
Des Romains tu brisas les fers,
Jamais tu ne vécus esclave.

Célébrons par nos accords
Les droits sacrés d'une si belle cause,
Et rions des vains efforts
Que l'ennemi nous oppose.

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Par un avertissement qu'il fit paraître dans la Gazette Nationale Liégeoise du 9 janvier 1793, G. Ramoux fit savoir qu'il n' était pas l'auteur des dernières strophes.

Tendre époux, jeunes amants,
Pour quelques jours quittez [toutes] vos belles;
Reparaissez triomphants,
Vous [en] serez plus dignes d'elles.

Mesdames ce n'est que pour vous
Qu'on brigue de porter l(d)es chaînes;
Ecrasons nos tyrans jaloux
Et soyez nos souveraines.

Après les journées de septembre 1830, Joseph Gaucet (1811-1852), un jeune poète de 19 ans, pour certains Charles Duvivier, composa, sur l'air du Valeureux Liégeois,  La Liégeoise, dont certains couplets sont parfois repris dans le chant de Ramoux et dont d'autres sont sans doute volontairement oubliés.

Valeureux Liégeois
Pense à tes aïeux
A leur noble courage !
Que de sages lois
Défendent tes droits;
Repousse l'esclavage.

César vainqueur de l'univers,
Te décerna le nom de brave;
Des romains tu brisas les fers,
Aujourd'hui tu vivrais esclave !

Belge, en tout temps la liberté
Te fit entendre sa parole;
Parfois soumis, jamais dompté,
Tu la pris toujours pour idole.

Si jadis on put endormir
Ta vigilance et ton courage,
Le jour qui te vit asservir,
Te vit sortir de l'esclavage

Mais d'où viennent ces bataillons
Et ces flots de guerriers bataves ?
Pour qui sont les fers, les canons
Que traînent ces hordes d'esclaves ?

Et toi peuple dégénéré,
Va-t-en, retourne dans tes villes;
Hollandais, ton sang abhorré
Souillerait nos plaines fertiles,

Pour vaincre le Belge irrité,
Guillaume, laisse là tes armes;
Fais qu'à ses yeux la liberté
Apparaisse avec tous ses charmes.

Belge, en cet instant solennel,
Entends la voix de la patrie,
Et viens jurer sur son autel
De lui sacrifier ta vie.


Li chant di Lîgeois

refrain            Viv' li nom Lîgeois !
                     Bin des siéke mostrèt
                     Qu'i vât tit' di nôblesse;
                     Viv' noss' vî Perron :
                     C'est l'proûv' qui l'Wallon
                     Sèt qu'l'union fait l'foice

I
L'histoire el dit : nos tâies avît  
Tos les bins qui l'liberté donne
Et d'zeu leus ouhe is avît s'crît : 
On pauvre homme est roie è s'mohonne. 

II
Nos avans co tos les bais dreuts 
Qu'a-st' aqwèrou leu long corège ;
So l'tèrr' nou peup' ni nos sâreut 
Fer veie on pus nôbe héritège. 

III
Ci'st héritèg' qui nos rind grands 
Mi qu'nos aute personne n'el mérite : 
Nos l disfindrîs.... et nos savans
Qu'il est dang'reux d'l'accrèhe trop vite.

IV
Nos fans flori ârts et mestis
So' n'terre libe tot les fleûrs sont belles,
Dihans s'on troûve nosse pays p'tit,
Po bin des grands c'est on modèle !

V
Si l'ètringîr vint nos man'ci,
Garantihez, Diew, noss' patreie !
Et si v'volez qu'ell' deuss' pèri,
Fez qu'nos polans' mori por leie.

VI
Main Diew sutairet noss' Perron,
Glorieux tèmon di nosse t'histoire ;
Et tot l'loukant nos fis s'diront :
Seyans todi digne di nos pére !

VII
Cou qu'on peup' vât n'deut nin s'compter
D'après ses foices ou ses richesses ;
Min bin d'après ses libertés ;
A nos aute vint l'prumîre des plèces.