Origine de 
l'expression

 

Perron

D'où vient
 
"Cité ardente", 

le surnom de la ville de Liège ?

 En 1894, Henry Carton de Wiart (un jeune avocat) décide d’écrire un roman de chevalerie patriotique en collaboration avec Godefroid Kurt, éminent spécialiste de l’histoire liégeoise.
Pour eux, l’épisode des Six Cents Franchimontois s’emparant de Charles le Téméraire, campant dans le hameau de Sainte-Walburge, est donc très important car symbolisant l’héroïsme dont la ville fut le théâtre.

En 1467, la défaite de Brusthem livre Liège à Charles le Téméraire. Les murs de la ville sont détruits, les impôts multipliés par sept. Les insurgés sont bannis, toutes les libertés communales sont supprimées et le Perron qui  symbolise les libertés liégeoises est transporté à Bruges. 
Si, depuis la fin de l'indépendance liégeoise, le Perron a perdu toute signification juridique et politique, il demeure l'emblème aimé et révéré de la ville de saint Lambert. Symbole de Liège, il ne constitue pas seulement le meuble principal de ses armoiries : dans tous les lieux où notre ville est évoquée, dans toutes les circonstances où elle est exaltée, l’image du Perron se dresse, tantôt seule, tantôt entourée des attributs de nos activités et de nos sources de richesse auxquelles un reste de romantisme tient encore à l'associer. Dressé au centre du marché (Place du Marché), il fut très tôt pour le peuple liégeois la marque de ses libertés.

Le soir du 27 octobre, les Liégeois prévoient de surprendre leurs ennemis au cœur de leur campement Porte Saint Léonard. Conduits par Jean de Wilde, les assiégés s’élancent contre les Bourguignons. Cependant, le nombre joue décidément trop contre eux, leur offensive est contenue et le repli obligatoire. Sur les hauteurs de Sainte Walburge où loge le duc, le légat Onofrius tente un dernier discours de clémence qui ne donnera aucun résultat.


Dans la nuit du 29 octobre 1468, alors que la ville est assiégée par les troupes de Charles le Téméraire, présent en personne et accompagné par Louis XI, un groupe de personnes qu'on appellera "
les 600 Franchimontois"  prêtent main forte aux insurgés liégeois, et tentent de se faire maîtres du campement situé sur les hauteurs de la ville. Repérés, et sans l'effet de surprise escompté, leur petit nombre face aux troupes bourguignonnes et aux archers écossais de Louis XI leur impose une terrible défaite.

Le lendemain, 30 octobre 1468, Charles le Téméraire et Louis XI entrent dans la ville. 
De nombreux habitant sont ligotés les uns aux autres et jetés tels quels dans la Meuse. 
Liège est incendiée. 
L’incendie de la ville dura sept semaines. Charles Le Téméraire ne laissa derrière lui que des décombres et un vaste charnier.
Et c'est cet incendie, qui durera sept semaines, qui lui donnera ce surnom de "Cité ardente".

En 1905, le roman est publié sous le titre La Cité Ardente. Il retrace la bravoure des Liégeois face à l’ "ennemi-occupant" mais n’a pas le succès espéré par son auteur car Charles le Téméraire a finalement survécu, a brûlé la cité telle que Notger l’avait développée, blessant dès lors en profondeur la prospérité liégeoise. Bref, une page noire de notre histoire. Mais, plutôt que le contenu, c’est le titre du roman qui, maladroit, crée son insuccès et ce, à cause de la confusion de certains termes : ardeur prenant le sens de brûlant et non de courage, à cause de ce qu’avait vécu le peuple.

Afin de sauver son livre, Carton écrit au roi. Le jour de l’inauguration de l’exposition, il est là sur la plaine des Vennes où a été construit le Palais des Fêtes et où le prince Albert doit prononcer un discours. Les deux hommes se connaissent et le prince confie à Carton qu’il lui prépare une surprise.
Il prononce ensuite ces mots :
- “Quel cadre pouvait être mieux approprié à ce tableau de vie intense que celui que représente la ville de Liège, la doyenne de nos cités industrielles, la cité ardente ?”.

Le mot était lancé, le titre du roman venait d’être prononcé par la bouche princière et approuvé par les nombreux notables présents, donnant ainsi au roman de Carton la caution qui lui manquait.
Liège avait son surnom et ardent était désormais assimilé à l’industrie du bassin de la Meuse.

Dans un premier temps, le roman connut la gloire puis ce fut la chute. 
Il ne fut jamais réédité et n’est actuellement plus que cité dans les anthologies, absent de L’histoire de la littérature belge ou encore de L’histoire de la Wallonie.